Tech 26 Juin 2026

Comment l’IA nous a permis de développer notre propre cockpit commercial en quelques semaines

Retour d’expérience de KERNL sur la création d’un cockpit commercial connecté à Facturation.pro avec Laravel, Inertia, React et Codex. Un exemple concret de développement accéléré par l’IA, entre contexte commercial tendu, accompagnement métier et outils sur mesure.

Comment l’IA nous a permis de développer notre propre cockpit commercial en quelques semaines
Comment l’IA nous a permis de développer notre propre cockpit commercial en quelques semaines

Il y a des périodes où l’on sent que le marché change.

Depuis plusieurs mois, comme beaucoup d’entreprises, nous avançons dans un contexte commercial plus tendu : incertitudes politiques en France, budgets plus serrés, géopolitique instable, guerres, décisions d’investissement repoussées, arbitrages plus prudents côté clients.

Quand on dirige une agence web, ce genre de contexte oblige à regarder les choses avec lucidité. Les bons projets existent toujours, les besoins numériques sont toujours là, mais les cycles de décision changent. Il faut être plus précis, plus régulier, plus structuré dans le suivi commercial.

Chez KERNL, nous avons donc décidé de renforcer notre pilotage commercial. Pas en empilant des outils génériques, mais en repartant de notre réalité : nos clients, nos devis, nos factures, nos récurrences, nos prospects, nos relances.

C’est dans ce contexte que nous avons commencé à travailler avec Gilles Solignac, directeur commercial externalisé chez Bras Droit Des Dirigeants.

Son rôle : nous aider à structurer notre démarche commerciale, mieux lire notre portefeuille, mieux qualifier les opportunités, mieux suivre les prospects, et surtout ne pas laisser les bonnes idées commerciales se perdre dans le quotidien.

Assez vite, une évidence est apparue : nous avions déjà beaucoup de données utiles. Elles existaient dans notre outil de gestion commerciale et de facturation, Facturation.pro. Mais elles n’étaient pas présentées de façon suffisamment opérationnelle pour piloter le commerce au quotidien.

Nous n’avions pas besoin d’un CRM générique de plus. Nous avions besoin d’un cockpit commercial taillé pour notre façon de travailler.

C’est comme ça qu’est né Dirco, notre outil interne de pilotage commercial, développé avec Laravel, Inertia, React, l’API Facturation.pro… et beaucoup d’assistance IA avec Codex.

Le point de départ : mieux piloter, sans ressaisir

La première idée était simple : ne surtout pas recréer une base commerciale parallèle.

Nous utilisons déjà Facturation.pro pour gérer nos clients, nos devis, nos factures et une partie de notre activité récurrente. C’est notre source de vérité administrative et commerciale.

L’objectif était donc de construire un outil qui se branche dessus.

Dirco récupère les données depuis Facturation.pro, les complète avec des informations commerciales internes, puis les présente sous forme de vues actionnables :

  • clients actifs, dormants, perdus, prospects et partenaires ;
  • devis ouverts, acceptés, refusés ou soldés ;
  • factures, chiffre d’affaires, récurrences ;
  • relances à prioriser ;
  • opportunités commerciales ;
  • prévisionnel ;
  • simulation de chiffre d’affaires ;
  • historique de prospection, reconquête et fidélisation ;
  • rappels et dates clés ;
  • documents PDF accessibles directement depuis l’interface.

Ce qui nous intéressait, ce n’était pas seulement de consulter des chiffres. C’était de savoir quoi faire ensuite.

Quel client faut-il rappeler ?
Quel compte montre un signal de décrochage ?
Quel devis accepté reste à facturer ?
Quel prospect doit être rattaché à un client existant ?
Quels services pourrait-on proposer à tel client ?
Quel chiffre d’affaires est déjà sécurisé sur l’année ?
Quel scénario devient réaliste si deux ou trois contrats se signent ?

Ce sont ces questions-là qui font vivre un pilotage commercial.

L’IA comme accélérateur, pas comme pilote automatique

Ce projet a été développé avec Codex, dans une approche que certains appellent aujourd’hui “vibecode”.

Le terme peut prêter à sourire, mais il décrit assez bien une nouvelle façon de travailler : on exprime une intention, on itère vite, on ajuste, on teste, on corrige, on améliore.

Mais il faut être très clair : ce n’est pas magique.

L’IA ne remplace pas la compréhension métier. Elle ne sait pas seule ce qu’est un bon cycle commercial pour KERNL. Elle ne peut pas décider à notre place si un prospect doit être archivé en bloc ou si une action commerciale doit rester modifiable individuellement. Elle ne sait pas non plus quelles vues seront vraiment utiles à Gilles, à l’équipe ou à moi dans le pilotage quotidien.

En revanche, quand l’intention est claire, elle accélère énormément.

Par exemple, je peux formuler une demande comme :

“Sur une fiche prospect, ce n’est pas une action commerciale qu’il faut archiver, mais le prospect entier.”

Ou encore :

“Sur une fiche suspect, on doit seulement pouvoir le passer en prospect dans le cadre identité.”

Ou :

“La page Clients / Cycle commercial est trop aérée, il faut la rendre plus compacte, et passer les listes paginées de 20 à 50 éléments.”

Ce sont des demandes très concrètes, très métier. Avec une approche classique, chacune peut entraîner plusieurs allers-retours : compréhension, développement, intégration, tests, correction visuelle, documentation.

Avec Codex bien orchestré, ces cycles deviennent beaucoup plus courts. L’outil lit le code existant, repère les composants concernés, modifie le backend Laravel, ajuste les pages React/Inertia, met à jour les tests, complète le changelog, puis on vérifie.

Le gain n’est pas seulement dans la vitesse d’écriture du code. Il est dans la vitesse d’itération entre une idée métier et une version utilisable.

Ce que Gilles a tout de suite remarqué

Ce qui a frappé Gilles Solignac, c’est cette capacité à faire évoluer l’outil presque en direct avec la réflexion commerciale.

On discute d’un besoin. On voit qu’une vue pourrait être plus lisible. On se rend compte qu’un prospect libre devrait pouvoir être rattaché différemment. On identifie une donnée manquante dans la simulation. On veut distinguer suspects, prospects, fidélisation, reconquête et partenaires.

Et très vite, cette idée devient une fonctionnalité.

Pas un PowerPoint. Pas une intention dans un backlog lointain. Une vraie interface, branchée aux données, testée, intégrée.

C’est là que l’IA change profondément la dynamique. Elle rend possible un développement beaucoup plus proche du terrain. On n’est plus obligé d’attendre d’avoir une spécification parfaite pour commencer à expérimenter. On peut construire, observer, corriger, enrichir.

Et pour un sujet comme le commerce, c’est essentiel. Parce que la bonne interface n’est pas toujours évidente au départ. Elle se découvre en l’utilisant.

Un cockpit commercial construit par couches successives

Dirco n’est pas arrivé d’un seul bloc.

Nous avons commencé par les fondamentaux : synchronisation Facturation.pro, dashboard, cockpit commercial, relances, clients, devis, factures.

Puis l’outil s’est enrichi progressivement.

Nous avons ajouté une page de relances avec score, filtres, priorités et actions rapides. Une vue Top opportunités pour repérer les comptes à potentiel. Une vue Clients 360. Un pipeline. Des comparatifs mensuels CA et devis N/N-1. Un prévisionnel commercial. Une simulation de chiffre d’affaires par exercice.

Ensuite sont arrivées des vues plus avancées :

  • renouvellements ;
  • matrice cross-sell ;
  • qualité des données ;
  • réconciliation prévisionnelle ;
  • simulation CA avec objectif annuel ;
  • scénarios commerciaux sauvegardés ;
  • cache Redis pour accélérer les calculs lourds ;
  • téléchargement local privé des PDF de devis et factures.

Le journal commercial a aussi beaucoup évolué. Au départ, il s’agissait simplement de suivre des actions de prospection. Aujourd’hui, il couvre la prospection, la reconquête et la fidélisation, avec historique groupé, rappels, dates clés, canaux de contact, fiches prospects, archivage groupé et rattachement à des clients existants.